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Le nom de « Tokyo », capitale de l’est, n’est apparu qu’à la fin du 19ème siècle lorsque Tokyo a remplacé Kyoto comme capitale. Le nom antérieur de la ville était « Edo », ville essentiellement développée à l’époque shogunale, entre le 16ème et le 19ème siècle. A l’origine Edo était un petit village de pêcheurs, à l’embouchure de la rivière Sumida, au fond d’une baie et protégé de l’océan.

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Cette zone côtière, marécageuse, sera asséchée avec le développement de la ville, en creusant un réseau de canaux. La plaine est presque inexistante; le relief est rapidement constitué de collines et d’un plateau s’élevant vers l’enceinte de montagne entourant la ville. Ce paysage est très présent, encore aujourd’hui.

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le profil des montagnes entourant Tokyo

L’importance du paysage

Avant d’étudier la morphologie de la ville et son développement, nous insistons d’ores et déjà sur un facteur étudié par Augustin Berque dans son livre « Du geste à la cité » (ed. Gallimard) qui détermine en grande partie la forme des villes japonaises. Le rapport à la nature, et notamment les montagnes ou la mer, a une importance particulière dans la manière de vivre et d’habiter des japonais. Le schéma ci-dessous l’exprime pour ce qui concerne l’habitat, nous le retrouvons aussi dans la structure des villes jusqu’à l’orientation des rues qui donnent à voir le paysage, les montagnes, la mer…

 
Roland Barthe évoquait dans l’Empire des signes » le centre vide de Tokyo, comme différence fondamentale avec nos villes occidentales construites autour d’un centre « plein », centripète, lieu de la vie sociale, individuelle, de la place… Au Japon, comme le souligne Augustin Berque, le sujet n’est pas au centre; il se déporte aux confins de la ville, dans les bois, lieux des sanctuaires shintoistes, jusqu’aux montagnes, lieu d’habitation des « dieux ». Les dieux habitent les montagnes, les hommes la plaine, mais le regard de ceux-ci se portent au delà: l’espace de la ville est centrifuge.
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cité par Augustin Berque dans « Du geste à la cité », éditions Gallimard

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Formation de la ville

Partant d’un village de pêcheurs, la ville s’est développée à partir du début du 17ème siècle, époque de l’installation du shogun Ieyasu Tokugawa, qui inaugure l’ère Edo (ère des shoguns).
 
Malgré un grand incendie en 1657, la ville se développe et compte près d’un million d’habitants au début du 18ème siècle, ce qui en fait une des plus grandes villes du monde.
 
Le château et son parc constituent le centre de la ville qui se développe autour: (ce fameux « centre vide ») les marais de la ville basse (Shitamashi) sont asséchés pour permettre les constructions; celles-ci se développent aussi sur les collines (Yamanote) à l’ouest du château, vers les montagnes.
Selon deux principes au moins, la ville se développe en spirale, respectant les principes « shintoïstes » vus précédemment (orientation vers le paysage):
  • de manière topographique, les canaux permettant d’assécher les marais se développent en spirale autour du château;
  • de manière « sociale » et administrative, les différentes classes sociales occupent le territoire comme le montre la figure ci-dessous. Les artisans et commerçants occupent prioritairement la ville basse, Shitamashi, alors que les dignitaires et les vassaux du shogun entourent le château et occupent les collines (Yamanote).
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cité par Augustin Berque dans « Du geste à la cité », éditions Gallimard

La ville au 19ème siècle

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Tokyo en 1859 (« Edo »): la baie de Tokyo, la rivière Sumida, le château au centre, la ville et les canaux de la ville basse…

… et au milieu du 20ème siècle

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Tokyo en 1945: la ville s’est développée sur les collines et les plateaux, sur la mer aussi, et le long des rivières et canaux. Les canaux de la ville basse (Shitamashi) existent encore (ils ont disparu aujourd’hui…).

Développement contemporain

La ville se développe et se reconstruit malgré deux désastres: le tremblement de terre du Kanto en 1923 et les bombardements de la seconde guerre mondiale qui anéantissent presque totalement la ville (qui avait subi dans les siècles précédents plusieurs incendies).
 
Avant ces évènements, la ville a été renommée Tokyo en 1868, devenant la capitale de l’empire au détriment de Kyoto. Le château devient la résidence impériale, autour de laquelle continue de graviter la cité.
La ville est donc presque entièrement reconstruite après la guerre; les constructions en bois (notamment dans la ville basse) ont essentiellement disparues.
 
Nous ne découvrons donc pas aujourd’hui une ville ancienne, mais les structures urbaines initiales ont été conservées, aux développements récents près de l’urbanisme fonctionnel (disparition des canaux de la ville basse, développements des réseaux routiers et autoroutiers, diffusion d’une architecture fonctionnelle qui fait fi de la trame d’origine et du respect des principes « shintoïstes » que nous avons cités précédemment relatifs au paysage…
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En vert, la ligne (ferroviaire) « Yamanote » qui dessert l’ensemble des grands centres urbains (cercles rouges) de Tokyo, autour du château impérial en son centre.

Selon les principes que nous avons énoncé précédemment, eu égard au « centre vide » et à la division sociale du territoire,  la ville ne s’est pas développée autour d’un seul centre, mais plutôt d’une série de centres; c’est pourquoi nous qualifions souvent cette ville de « polycentrique ».
 
La ligne Yamanote est emblématique de Tokyo: il s’agit d’une ligne de chemin de fer aérienne qui fut construite à partir de 1885 et qui dessert la plupart de ces « centre-ville » dont nous parlions précédemment. Chaque gare est le lieu d’un développement urbain important, parfois différent sur ses deux côtés (est et ouest).
Ainsi Tokyo serait Tokyo + Ueno + Ikebukuro + Shinjuku + Shibuya + … plutôt qu’un seul centre! Là où nos centres conjuguent les différentes formes de la vie sociale (commerce, activités, loisirs, culture, administrations), ceux-ci sont ici répartis sur plusieurs centres. Nous retrouvons ainsi ce développement en spirale, centrifuge.
 
Du point de vue urbain, la ligne Yamanote est passionnante: elle traverse la ville sur un viaduc, un peu comme le viaduc des arts à Paris (ancienne ligne de la Bastille), abritant commerces et restaurants notamment, et offrant des regards multiples sur la ville. Les gares sont des lieux d’animation intenses, traversés par des « foules » qui rejoignent lieux de travail, de commerces, de loisirs.
Morphologie architecturale
Tokyo est une ville dense, mais contrairement à l’idée que nous pouvons en avoir, c’est essentiellement une ville basse, construite autour de quartiers résidentiels sur deux niveaux (R+1); les constructions plus hautes, voire les tours, concernent essentiellement les « centres » dont nous avons parlé.
 
La taille et l’ampleur de la ville requièrent des infrastructures importantes (chemins de fer, autoroutes…) qui nous impressionnent, mais nous avons vite fait, quittant ces axes, de retrouver une échelle plus humaine.
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quartier de Tokyo…

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le viaduc de la ligne Yamanote

Autosave-File vom d-lab2/3 der AgfaPhoto GmbH

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